LE LIVRE "ST HILAIRE AU FIL DU TEMPS DE 1083 A NOS JOURS"
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Dans le livre « Saint-Hilaire au fil du temps » à paraître, je développe très largement les sujets suivants : le duel entre Lucien Lelièvre et Gustave Guérin qui va durer 40 ans – l’affaire des pare balles – la séparation de l’église et de l’état l’arrivée des sœurs clarisses - la menace de destruction de la vieille tour – les bouilleurs de cru – la polémique sur la poste etcDans le livre « Saint-Hilaire au fil du temps » à paraître, je développe très largement les sujets suivants : le duel entre Lucien Lelièvre et Gustave Guérin qui va durer 40 ans – l’affaire des pare balles – la séparation de l’église et de l’état l’arrivée des sœurs clarisses - la menace de destruction de la vieille tour – les bouilleurs de cru – la polémique sur la poste etc
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L’HISTOIRE DE LA POSTE
C’est au XVIIème siècle qu’un bureau de recette postal est créé à Saint-Hilaire, mais il faudra attendre l’an 1830 pour voir fonctionner un service postal rural. La poste aux lettres connaît alors un développement considérable, dès lors, l’arrondissement de Saint-Hilaire comprend 26 communes.
Le premier timbre est émis en janvier 1849, trois ans plus tard, l’administration établit une liste alphabétique des bureaux de postes et distribue à chacun d’eux un cachet oblitérant à chiffres, correspondant au numéro d’ordre. Saint-Hilaire-du-Harcouët reçoit le n° 3114.
En 1862, une seconde nomenclature reclasse tous les
bureaux qui reçoivent un nouveau cachet à chiffres plus grands, Saint-Hilaire-du-Harcouët utilise alors, le n° 3661 jusqu’à la fin mars 1876, date à laque
lle le cachet à date le remplace définitivement.
Jusqu’en septembre 1930, le bureau des postes était situé Place St Michel, en haut de la rue d’Avranches, dans un immeuble appartenant à Monsieur Ecolivet, il faudra attendre novembre 1936 après tous les démêlés que nous avons évoqués dans les pages précédentes pour trouver la poste à son emplacement actuel.
En 1944, la poste ne fut que très peu endommagée par les bombardements, mais elle dut néanmoins déménager provisoirement dans un immeuble appartenant à Mr Feuillet quartier d’Evreu. L’immeuble s’agrandira en 1970 pour faire face à l’accroissement toujours de plus en plus important du courrier et des colis postaux.
Tout au long du siècle écoulé, la poste a vécu une importante modernisation sur le plan humain et technique.
Souvenons-nous de cette époque où nos braves facteurs assuraient leur service à pied, dans tout le canton, chargés de leurs sacs de cuir, souvent bien lourds. Il fallait être solide pour affronter pluie et neige. Toujours serviables ces braves facteurs on les considérait, on les attendait aussi, ils trouvaient facilement leur nourriture sur leur passage, peut être un peu trop parfois… la fin de tournée était parfois épique, mais on leur pardonnait bien volontiers leur faiblesse devant une telle tache accomplie quotidiennement.
La bicyclette apparue vers 1907-1908 leur apporta un grand soulagement, mais les anciens préféraient souvent continuer leur tournée à pied, se refusant à apprendre à monter « à vélo » il faudra attendre le 15 décembre 1933 pour voir apparaître le premier circuit de poste automobile rurale avec quatre correspondants postaux à Moulines, St Symphorien des Monts, Savigny le Vieux, les Loges Marchis. La plupart du temps le correspondant postal était un petit commerçant de village.
En juin 1952, les communes de Virey, Martigny, Le Mesnillard, Chévreville, Fontenay, la Bazoge dépendant jusqu’alors de Mortain sont rattachées à Saint-Hilaire-du-Harcouët
Le service des télégraphes fut implanté et mis en service en 1864 à l’Hôtel de Ville, le service téléphonique ne date que de 1909, (en 1913 il y avait 25 abonnés) c’est en 1935 que fut mis en service le téléphone automatique rural. Malgré les nombreuses améliorations apportées tout au long des trente années qui suivirent, le central téléphonique ne donnait plus satisfaction au nombre toujours croissant de ses abonnés. C’est pour cette raison que l’administration des postes jugea opportun de mettre en place en juillet 1960 un standard manuel « multiple », ce nouveau central manuel téléphonique donnait la possibilité d’obtenir une communication plus rapidement que dans le passé et permettait aux dix téléphonistes d’accomplir leur tache dans de meilleures conditions. Puis ce fut l’automatisation de la zone urbaine en 1971 (345 abonnés pour la cité, et 215 pour la zone rurale), suivie en février 1975 de l’automatisation intégrale du réseau Saint-Hilairien et du transfert du centre de tri à la Fosse aux Loups en mars 2005.
Le chapitre précédent nous a montré
combien Saint-Hilaire tout d’abord aux alentours de 1830 du fait de la modernisation de l’urbanisme à partir du réaménagement des abords du château puis de son dynamisme commercial, avait pu
faire peau neuve. C’est à juste titre qu’Hyppolite Sauvage, à la fin du XIXème siècle pouvait dire que la petite cité était devenue la première de l’arrondissement, devant même son chef-lieu,
Mortain. Alors que se lève l’aube du XXème siècle, tout va se conjuguer pour lui donner un plus grand développement encore : sa situation au carrefour des
Trois Provinces, la montée en puissance de « l’étoile
ferroviaire » de sa gare, mais surtout l’extraordinaire impulsion donnée par son maire, Lucien
Lelièvre. Né le 18 février 1866
dans une famille de modestes commerçants qui tenaient épicerie rue Bergerette, le destin de Lucien Lelièvre, après son élection (scrutins : 6 et
13 mai 1900, élection le 21) sera intimement lié, en deux carrières strictement parallèles, avec celui de son plus farouche opposant… 40 années durant, Gustave
Guérin. Ces deu
x personnalités résumant toutes les
oppositions et contradictions politiques de l’époque, et de ce côté, Saint-Hilaire connaîtra dans le demi-siècle un étonnant résumé, et presque un « concentré » de toutes les grandes pulsions qui animeront le pays : conséquences politiques de l’affaire Dreyfus, luttes religieuses, implacables
saignées de la Grande Guerre, quelques « affaires » r
etentissantes comme celle des Pare Balles, mutations de l’agriculture avec comme point d’orgue les
grands mouvements des bouilleurs de cru en 1935, et pour couronner cette vaste liste : un test politique d’envergure nationale deux ans plus tard, enfin la montée des périls avant le désastre de
mai-juin 40. Paradoxalement, c’est là, à l’entrée des Allemands dans notre ville, que s’opérera un rapprochement entre les deux hommes, dicté on s’en doute, par les circonstances. Lucien
Lelièvre, mourra un an plus tard, Gustave Guérin, qui attendait depuis 40 ans pourra enfin prendre la place de maire, mais pour s’engager sur la voie dangereuse de la
collaboration… Lucien Lelièvre s’était très tôt débarrassé de l’épicerie familiale et destiné à la vie politique. Un moment associé à Paris dans
une affaire de bronzes d’art, il s’était, aussitôt élu, lancé à fond dans la gestion de la vie municipale, marchepied sans doute vers de plus hautes destinées. Il brigua rapidement (dès 1907) le
poste de conseiller général… mais trouva pour la première fois sur sa route Gustave Guérin… qui prit la place ! S’ensuivirent des dizaines d’années de combat incessant, Guérin étant appelé aux
plus hautes destinées… autour de Saint-Hilaire comme parlementaire ou au Conseil Général, Lelièvre restant pour sa part, arc-bouté sur sa mairie. Sa gestion entreprenante et hardie des problèmes
communaux, tout autant que son caractère autoritaire voire cassant lui valurent de solides inimitiés.
Lucien Lelièvre avec ses idées même très
modérément laïques, ne put jamais viser plus haut que sa ville où ses qualités d’administrateur l’assuraient à elles seules de réélections certes confortables, mais occasionnaient ensuite
des luttes épiques avec son opposition cléricale emmenée par Gustave Guérin. On était, dans cette période, « pour ou contre », et guère de place pour les modérés de tous bords. C’est
d’ailleurs sur ces idées de la Droite la plus réactionnaire, que ce pharmacien, installé rue Waldeck Rousseau fit ensuite toute sa carrière. Conseiller municipal depuis 1900, ayant arrêté net les
ambitions de Lelièvre en 1907 (et jusqu’en 1940) comme conseiller général, il fut élu député pour la première fois le 16 novembre 1919 sur la Liste d’Union Républicaine, puis réélu régulièrement
(11 mai 1924, 22 avril 1928, 1er mai 1932 et 26 avril 1936) comme candidat officiel de la Fédération Républicaine. Son activité au Palais Bourbon porta sur des questions commerciales
(il combattit la taxation des farines) et, point de passage quasi obligé pour un parlementaire de l’Ouest, sur l’épineux problème des bouilleurs de cru.
Lucien Lelièvre était encore maire quand les Allemands arrivèrent à Saint-Hilaire, clin d’œil de l’Histoire, le 18 juin 1940, et sans trop faire de concessions à l’occupant comme le veut l’anecdote qui l’opposa peu avant de s’éteindre, victime d’une crise cardiaque (31 mai 1941) à un jeune médecin allemand qui voulait réquisitionner l’hôpital. « J’ai 73 ans, vous savez et je n’ai jamais obéi à personne » dit-il à l’occupant qui lui rétorqua « d’accord j’ai compris » avant de rendre l’établissement à sa vocation première d’asile de vieux, quelques semaines plus tard.
Gustave Guérin lui succéda donc le 18 juin 1941, mais pour entraîner la municipalité dans la voie du compromis avec les Allemands, et donc du déshonneur de la collaboration, bien qu’il n’ait pas pris part au vote comme sénateur le 10 juillet 1940 au congrès de Vichy. Destitué le 10 février 1944, il est décédé le 10 février 1949.
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