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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 13:22

PERSONNALITES

 DE SAINT HILAIRE

 

(classées dans un ordre chronologique)

 

DATIN Henri-Michel (1830-1917)

Né à Saint-Hilaire le 24 janvier 1830, licencié en droit, il fut de 1855 à 1872 notaire dans sa ville natale. Il avait succédé à Me Bréhier-Ducoudray. Il habitait la maison à l’angle de la rue de Paris et du Boulevard Victor Hugo, qui fut, il y a quelques années l’étude de Me François Lefort.

A quarante deux ans, il s’évada du notariat pour réaliser le rêve de sa jeunesse, il se lança à corps perdu dans la littérature.

Après que Monsieur Paul Mottier eut créé le journal " Le Glaneur de la Manche ", le 26 octobre 1878, Henri Datin y apporta sa collaboration littéraire. Les habitants de Saint-Hilaire connaissaient ses œuvres, toutes ont été publiées dans le Glaneur avant de paraître en librairie.

Henri Datin vint à Paris, collabora à l’Estafette, au Musée des familles, au Petit Journal, au Petit Parisien et publia des romans dont quelques-uns ont eu un certain succès. Citons : Le Pilori 1887 ; Les contes du réveillon 1888 ; Fatale Passion 1891 ; L’enfant abandonné 1895 ; Le Rachat 1899 ; Le Prestige 1904 ; En Wagon 1905 ; Le Bigame 1908.

Il a publié dans ces divers journaux près de deux cents nouvelles d’une note bien personnelle : Le Homard et La Veilleuse de Monseigneur sont restées légendaires ; reproduites à l’infini, elles ont été traduites en toutes les langues.

Il fut membre et trésorier de la Société des Gens de Lettres. Il est mort le 16 octobre 1917, à son domicile de Saint-Hilaire. ( Dictionnaire de biographie française).

COSSON Adrien (1839-1937)

Né le 7 décembre 1839 à Saint-Hilaire-du-Harcouët d’une famille d’honorables ouvriers. Il fut ordonné prêtre en 1867. A l’école des Carmes à Paris, il étudia spécialement les Sciences Physiques. Il revint dans le diocèse en 1871 et fut nommé professeur à l’Abbaye Blanche de Mortain. De 1874 à 1877, les paroissiens de Notre-Dame des Champs à Avranches reçurent les bienfaits de son apostolat. Puis curé du Mesnil-Amand, il évangélisa pendant quatorze années cette chrétienne population. C’est alors qu’il fit éditer ses " petites monographies ".

Il préparait l’histoire de sa paroisse quand, en 1891, il fut contraint par de longues et cruelles souffrances qui avaient épuisé ses forces à prendre un repos.

Il revint à Saint-Hilaire en 1901, qu’il ne devait plus quitter. Pendant quelques années, il ne put assurer de ministère, mais en 1895, sa santé étant redevenue meilleure et Mgr l’Evêque lui ayant demandé de reprendre une cure, l’abbé Cosson obtint de rester vicaire de sa ville natale.

L’abbé Cosson aimait écrire et de sa plume alerte il collabora à quelques journaux de la région : Le Glaneur de la Manche, l’Avranchin, la Croix du Mortainais. Son poste de vicaire ne l’empêchera pas de continuer de noter au passage les principaux faits de notre vie paroissiale.

Ses diverses monographies réunies devaient, en 1900, donner naissance à " l’Histoire Populaire de Saint-Hilaire " où se trouvent condensés les épisodes principaux de notre cité.

Autorisé en 1904 à sa retirer du ministère actif, pour raison de santé, Adrien Cosson n’en continua pas moins à rendre, selon les mesures de ses forces alors chancelantes, quelques services à la paroisse. C’est ainsi que nos compatriotes le virent, chaque dimanche, célébrer régulièrement la messe de 9 heures appelée " Messe des hommes "; il tint à remplir ce devoir jusqu'à sa mort le 28 décembre 1937.

ROULIER Jules Auguste (1852-1913)

Né à Saint-Hilaire, fils de Jules Emmanuel qui avait été maire en 1879, connut une brillante carrière d’avocat et de magistrat qu’il termina à la Cour de Cassation.

Après avoir été chef du personnel au Ministère de la Justice, il fut nommé avocat général près de la Cour d’Appel de Paris, puis procureur du Tribunal de la Seine.

C’est lui qui assista le Procureur Général lors du procès avorté du Général Boulanger devant la Haute Cour de Justice en 1890.

AMIARD René (1852-1921)

Manufacturier, succéda à son père Alfred et créa au Vauroux en St Brice de Landelles en 1889 une petite centrale électrique la " SA de l’éclairage électrique de Saint-Hilaire " qui comptait alors 80 abonnés. Cette centrale, était la plus ancienne du département de la Manche, et Saint-Hilaire fut la troisième ville de France à avoir été éclairée.

René Amiard fut président du Secours Mutuel des pompiers de 1894 à 1911.

LELIEVRE Lucien (1866-1941)

Né à Saint-Hilaire le 18 février 1866, d’origine fort modeste, ses parents tenaient un petit commerce rue Bergerette. Il refusa de faire des études et se débarrassa rapidement de l’épicerie familiale pour se destiner à la politique, il " plaça " ses fonds dans une affaire de bronze d’art à Paris, devenant l’associé de M. Conteneau " maison Conteneau et Lelièvre ".

Aux environs de 1920, il abandonna cette affaire à son associé et ne s’occupa plus que de la mairie de Saint-Hilaire dont il était devenu maire le 20 mai 1900, il y restera jusqu’à sa mort. Ses concitoyens lui doivent la construction de l’hospice en 1905. Ce premier chantier ouvert par le jeune maire au début du siècle devait inaugurer l’ère des grands travaux qui contribuèrent si efficacement à l’essor d’un centre commercial des plus actifs.

Déjà premier chef lieu de canton électrifié grâce à la petite usine du Vauroux, Saint-Hilaire fut doté en 1928 d’un service d’eau et d’un réseau d’égouts. La construction de la salle des fêtes, la constante amélioration de la voirie, les divers aménagements de l’hospice, la cantine scolaire et l’impulsion donnée au Syndicat d’Electrification, témoignent de l’importance de l’œuvre accomplie. Une seule ombre au tableau, le projet de construction d’un groupe scolaire prévu en 1938 qui ne fit pas l’unanimité et provoqua même une crise municipale.

Lucien Lelièvre a fortement marqué par sa personnalité la gestion de notre cité car c’était un grand administrateur, il ne se souciait pas de ses intérêts personnels, il défendait les intérêts de la commune sans relâche. Malgré les grands travaux d’intérêt public qu’il a su échelonner tout au long de sa carrière, les finances de la ville furent prospères.

Il savait se montrer très simple avec les humbles. Il était rempli de sollicitude pour les gens aux faibles ressources. Les Sociétés ne l’intéressaient guère, à part la Société des Courses Hippiques qu’il présida pendant plusieurs années à partir de 1911, la Société de Secours Mutuel dont il fut le président pendant 31 ans (de 1910 à 1941).

Le bureau de bienfaisance et les œuvres scolaires ont aussi été l’objet de ses préoccupations.

Membre influent de la Caisse Nationale de Crédit aux départements et aux communes, il fut le premier président du conseil d’administration de la caisse locale du Crédit Agricole.

Sa brillante intelligence, sa volonté de fer, son énorme puissance de travail, sa grande passion pour le service public, firent de lui un grand maire auprès duquel les préfets et sous-préfets prenaient volontiers avis. Il savait être autoritaire, cassant au besoin, il aimait et recherchait la polémique, les réunions contradictoires où il apprenait l’art de la riposte. Il fut nommé secrétaire de l’Association des maires de France dont Albert Marquet, maire de Bordeaux était le Président.

Il était un familier d’Henri Queille, qui avait recommandé à son chef de cabinet de ne rien refuser au Maire de Saint-Hilaire. Il avait à Paris son entrée dans presque tous les ministères.

La fatigue physique ne semblait pas avoir de prise sur lui, mais les peines personnelles, les lassitudes du grand âge le frappèrent pendant la grande tragédie de 1940, il dut subir, la mort dans l’âme, l’occupation. A l’approche de l’ennemi il s’efforça d’empêcher l’exode de ses concitoyens  " restons ici pour tenir tête, leur dit-il, des jours difficiles nous attendent ", de fait, il se heurta dès leur arrivée aux autorités allemandes. " j’ai 73 ans, je n’ai jamais obéi à personne " répondit-il à cet officier qu’il devait par la suite amener à meilleure composition.

Il fit l’union au sein de son conseil municipal dans lequel il comptait comme adjoint Gustave Guérin, sénateur et ancien député, et les Saint-Hilairiens savent ce que signifiait un tel rapprochement imposé par les circonstances : Gustave Guérin fut en effet son adversaire de toujours pour la conquête de la mairie.

Ce n’est toutefois qu’en rechignant que Lucien Lelièvre se conforma aux exigences du Gouvernement de Vichy, et encore pas à toutes.

Cette esquisse à grands traits serait incomplète si nous n’ajoutions pas que jusqu’à sa mort Lucien Lelièvre s’attacha passionnément à la recherche de la vérité en matière religieuse. Ses relations d’amitié qu’il entretenait avec certains membres du haut clergé, Monseigneur Laveille notamment, contribuèrent à amener l’homme politique qui se situait à la gauche de l’Alliance Démocratique à une plus juste conception du catholicisme de son époque. C’est pourquoi dans les dernières années de sa vie, tout en restant fidèle à l’idéal décanté de sa jeunesse il se sentait gagné par ce libéralisme qui l’avait poussé au temps de la séparation de l’Église et de l’État à obtenir le maintien provisoire des religieuses de la Communauté du Sacré Cœur de Coutances.

Son épouse Marie Lelièvre fut Présidente du comité de la Croix Rouge de 1913 à 1939, elle fut remplacée par Mme Lehec.

Pour rendre hommage à ce grand maire décédé le 31 mai 1941 et qui présida pendant 41 années aux destinées de notre ville, une plaque commémorative fut apposée sur sa maison le 6 octobre 1957 en présence de nombreuses personnalités, et c’est par délibération du 3 juillet 1975 que le conseil municipal décidera que la rue du Pont de Bretagne à l’hôpital s’appellerait rue Lucien Lelièvre.

GUERIN Gustave (1873-1949)

Né le 20 octobre 1873 à Saint-Hilaire-du-Harcouët, fils de pharmacien, il fit ses études au collège de St-Hilaire, au Lycée de Caen, puis à l’École Supérieure de Pharmacie de Paris, des études que couronna le diplôme de pharmacien de 1ère classe. Il s’installa comme pharmacien rue Waldeck Rousseau.

Il siégea au conseil municipal de notre cité pour la première fois en 1900, il fut élu Conseiller Général de 1907 à 1940, puis Député du 16 novembre 1919 au 20 décembre 1936 sur la liste d’Union Nationale Républicaine.

Son activité de député fut axée sur les questions commerciales, respect du domicile, loyers, chiffre d’affaires, auxquelles il consacra plusieurs rapports non dénués d’intérêt, ainsi que sur les problèmes plus particuliers aux bouilleurs de cru. Il combattit la taxation des farines qui lui paraissait aussi dangereuse qu’inopérante.

Le décès de M. Dudouyt, sénateur de la Manche, infléchit sa carrière politique, le courant populaire, soutenu et avivé par le "Courrier de la Manche " le porta à la Haute Assemblée le 20 décembre 1936. Il fut élu sénateur au premier tour de scrutin, et siégea jusqu’en 1940 à la commission d’administration générale, départementale et communale. En tant que sénateur, il ne prit pas part au vote du 10 juillet 1940 du Congrès de Vichy.

Il fut nommé maire de Saint-Hilaire le 18 juin 1941 à la suite au décès de Lucien Lelièvre, mais son parcours personnel sous le régime de Vichy lui valut d’être destitué de ses fonctions et remplacé le 9 août 1944 par le docteur Daniel Cuche, nommé par le Général de Gaulle.

Titulaire de la croix du combattant et commandeur de l’étoile de Roumanie, Gustave Guérin est décédé le 10 février 1949.

DELAPORTE Louis (1874-1944)

Issu d’une famille de commerçants (ses parents géraient un magasin de confection au 6 rue de Mortain à Saint-Hilaire. Louis Delaporte est né le 22 octobre 1874 , fit des études de mathématiques puis à partir de 1901 suivit les cours d’assyrien et de syriaque à l’École Pratique des Hautes Études et fréquenta l’École du Louvre et l’Institut Catholique. Il obtint le doctorat de philosophie en 1903, le diplôme de l’ École du Louvre en 1904 et celui de l’ École des Hautes Études en 1910. Il publia les catalogues des cylindres orientaux du Musée Guimet (1909), de la Bibliothèque Nationale (1910) et du Louvre (1920-1923). Son intérêt est appelé sur les Hittites et leur langue, par les travaux de B. Hrozny, qui avait, à partir de 1915, résolu le problème des hiéroglyphes. A son enseignement de l’assyrien à l’Institut Catholique de Paris où il fut professeur à partir de 1921, il ajouta celui du hittite. Attaché aux Musées Nationaux, il fonda la Revue Hittite et en 1930, avec l’appui du hgazi Ata-Turk, il entreprendra d’importantes fouilles à Arslan-Tepé-Malatya en Turquie.

Malheureusement sa vie de savant fut interrompue par la seconde guerre mondiale. Il entra dans la Résistance dès 1941, sa famille ignorant ses activités et son groupe ayant été anéanti, nous savons peu de choses de son rôle dans la Résistance où il entra à l’âge de 67 ans. Il fut arrêté à son domicile parisien le 19 mai 1942, déporté en novembre 1942, il décédera d’une pleurésie et de sous alimentation au camp de Wollau en Haute Silésie le 24 février 1944.

 

 

  

     

 

Par Georges DODEMAN
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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 11:58

Michel Ganné

 

au tournant du siècle

 

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Dans l’esprit de notre préambule, on remarquera que Michel Ganné, on l’a vu au chapitre précédent où il a conquis le siège de Conseiller Général, s’était vu mettre " le pied à l’étrier " comme on dit, comme élu d’opposition dès 1977, sur une liste dont la figure emblématique était le Dr Daniel Cuche, le reconstructeur de la ville.

L’époque malgré tout avait beaucoup changé. Dans l’immédiat après-guerre, qu’il s’agisse de reconstruction (époque Cuche), ou de logement (ère Guinebault), l’État intervenait encore massivement en ouvrant largement les cordons de la bourse. En 1983 il fallait non seulement avoir des idées, mais encore… trouver le moyen de les financer !

Des 4 mandats successifs de Michel Ganné sur le plan politique, il faut retenir deux périodes bien distinctes nées d’abord de scrutins fort serrés. Le 6 mars 1983, sur 3.418 électeurs inscrits, Paul Guinebault est en tête de 68 voix au premier tour. Au second, Michel Ganné, le devance de 8 voix ! Michel Ganné a donc 20 élus, Paul Guinebault (qui démissionnera aussitôt, suivi de son adjoint W. Saint-Raymond, et plus tard en décembre de Roland Bernard) 6 élus, et l’Union de la Gauche 1 élu, M. Coupé. On voit bien, par ce scrutin que nous sommes dans l’après 1981, caractérisé aussi par un fort mouvement " anti-notables " qui sera aussi fatal à d’autres caciques du Sud-Manche, qu’il s’agisse de Léon Jozeau-Marigné (Avranches), ou encore Gabriel Destais (Mortain

Ce premier mandat, qui enregistre 11 démissions en 3 ans, voit se déliter tout à la fois l’opposition liée à la précédente municipalité et aussi, à partir de 1988, le camp même du vainqueur qui connaît des désaccords sur l’extension de la Fosse aux Loups et des grandes surfaces. Ils entraînent la démission de deux adjoints, MM. Macé et Durand…qui rejoignent aux élections de 1989 un nouveau venu portant un nom célèbre, le Dr Jean-Louis Cuche ! Il est le fils du reconstructeur de la ville qui rate de peu son entrée avec un déficit de 77 voix au second tour. Avec 6 élus, il se lance dans une opposition active qui s’affaiblit peu à peu (démissions le 12 octobre 1990 de Gilbert Macé, puis, le 22 mai 1992 de Pierre Durand, les transfuges de la liste Ganné). M. Coupé pour la gauche vote toujours peu ou prou avec la majorité. A l’élection du 5 mars 1995, ce rapport de forces est confirmé et plus encore au tout dernier scrutin du 11 mars 2001.

Sur le plan de l’action municipale pure, tout s’est donc joué au départ, et ensuite à la charnière cruciale de 1989, Michel Ganné " déroulant " ensuite après 1995 un raisonnement plus axé " bassin de vie Saint-Hilairien " que nous le verrons développer un peu plus loin en conclusion.

Mais revenons à ses premiers pas à la mairie. Depuis 1977 comme élu de l’opposition, et avec le projet de marché couvert comme catalyseur d’une ambition qui va se construire peu à peu, il s’était aussi rendu compte que la " ville de la campagne ", essentiellement rurale et commerçante allait devoir évoluer et s’adapter. Il avait assurément une " vision " d’un avenir d’incertitudes,ou pour le moins que Saint-Hilaire ne pourrait jouer éternellement de la " rente " marché-Saint-Martin.

Dans cette période d’avant décentralisation (1982) il préparera par exemple d’autres chantiers comme le centre de secours ou le camping qui seront réalisés plus tard.

Ancien vice-président de Chambre d’agriculture et donc, à ce titre déjà bon manieur de dossiers il reconnaîtra aussi sportivement bénéficier à son entrée à la mairie d’une situation financière saine : " on voyait bien qu’il y avait pas mal de choses à faire au regard des évolutions de la société : un urbanisme étouffé par son marché, une circulation à revoir aboutissant à l’entonnoir du carrefour central, le réaménagement des places, une foire Saint Martin ayant triplé son nombre de visiteurs depuis sa reprise de l’après-guerre ".

Sur le plan social quelques nuages noirs s’amoncelaient à l’horizon : Manufo-Fougerolles licenciait dans le textile 339 ouvrières dont 39 de Saint-Hilaire, la Setadec (bois) 33 salariés sur 120, Junca (électricité) 15 sur 49… Il y avait 435 demandeurs d’emploi sur le canton !

Posséder les deux casquettes de maire et de conseiller général eurent alors une certaine utilité : " bien secondé par un efficace secrétaire général de mairie) juste après la décentralisation, le fait d’avoir plusieurs dossiers sous le coude était un avantage car beaucoup d’enveloppes étaient prévues… et le département manquait de dossiers "! " Au plus fort la pouche " comme on dit en campagne, Saint-Hilaire put ainsi décrocher " la queue du Mickey ", c’est-à-dire un marché couvert (environ 8,2 millions de F subventionnés à 55 % !), la station d’épuration, la réorganisation foncière, les plans d’eau.

Le second mandat (1989) se joua un peu au " ça passe ou ça casse " avec des tensions sur l’urbanisme commercial, mais aussi sur le devenir de l’hôpital qui occupa longtemps le devant de la scène, mais occulta de manière opportune pour la municipalité en place le problème tout aussi épineux du réaménagement foncier (1987-1990). Ce furent 5 années difficiles où se joua le réaménagement complet du centre-ville : la reconstruction avait en effet remis debout les immeubles, mais les réseaux étaient à revoir. Le dossier, d’un coût important, fut là encore, bien défendu et soutenu et permit, de manière connexe, de refaire les parkings, les contre-allées, le fleurissement, le mobilier urbain. Dans le même temps (1991), était acheté le monastère des Clarisses, et se jetaient (fin 1992) les bases de l’intercommunalité en passant du SIVU au SIVOM puis à l’EPCI. La signature le 1er mars 1995 du contrat de " petite ville régionale " concluant une période certes agitée, mais faste en réalisations dont on constate aujourd’hui l’utilité.

Après 1995, le 3ème mandat avec les coudées plus franches face à une opposition s’essoufflant et une équipe soudée permit de voir plus large : " il fallait maintenant raisonner - poursuit Michel Ganné - en terme de bassin de vie. Le monde rural avait encore évolué en 20 ans, et les fermes de 60 hectares plus nombreuses que celles de 10. L’industrialisation des trente glorieuses était derrière nous au tournant du siècle et la perte de nombreux services publics tout autour servait encore le destin de petite ville régionale que nous venions de signer ".

Saint-Hilaire dut donc tenir compte pour ses aménagements futurs de nouveaux paramètres liés aux nouveaux modes de consommation, d’une " zone de chalandise " de 30.000 habitants et 18.000 emplois salariés ! C’est à l’aune de cette faculté d’adaptation que voudra être jugé le chef de file de la municipalité sortie des urnes en mars 2001 avec, cette fois, une majorité beaucoup plus confortable : " on peut regretter le déficit et la difficulté d’acquisitions foncières qui, de toute façon se restreignent avec le temps, mais nous sommes parvenus à réanimer et à rendre attractif le centre-ville, à trouver de la place (voir la place Delaporte qui était déserte en 1985) réaliser des équipements en phase avec notre époque, et souscrire aux nécessités du monde associatif. Dans l’ensemble, les Saint-Hilairiens ont bien adhéré à cette vision qui était celle de faire évoluer leur centre ville. On peut espérer en recueillir les fruits aujourd’hui " ..

Les problèmes de l’hôpital datent du 30 juin 1985 avec la fermeture de l’IMP (Institut Médico Pédagogique) et le devenir de l’établissement va régulièrement défrayer la chronique ensuite avec mi 88 l’affaire Guiet (accusé d’enterrer l’établissement) puis Mumtaz (vu comme le " sauveur ", mais qui n’avait pas les diplômes ad hoc).

Le 10 juin 89 une manifestation réunira 1.000 participants et en juillet 91 on descendra encore dans la rue pour demander un poste d’anesthésiste pour une chirurgie redescendue à 20 lits… que le conseil d’administration en avril 1996 décidera de fermer par la plus courte majorité 10 voix contre 9 ! Une " marche funèbre " dans la foulée, " enterrera " le service, mais en avril 1999 on verra encore des manifestations pour les urgences, et des débrayages pétitions en 2001 sur la politique suivie par la direction. En zone rurale, face aux réductions drastiques des moyens des services publics, le devenir de l’établissement est toujours pendant...

Sur le plan associatif il faut noter, en juin 1984 le 900ème anniversaire de la ville la même année l’éclairage du stade, et en mars de l’année suivante le premier jumping honoré de la présence deux années de suite (1994 et 1995) de l’infante d’Espagne.

Le premier relais pédestre cantonal eut lieu en juillet 85. 1986 fut l’année de la fusion RSH-Parigny en tennis de table (président Claude Lacour), de l’arrivée le 10 juillet d’une étape du Tour de France cycliste remportée par Ludo Peeters avec dans le peloton la présence de l’enfant du pays, Jean Claude Bagot. Le même jour, Jeannie Longo remportait l’étape du tour féminin.

En 1987, l’Élan Artistique fêta ses 40 ans, tout comme le Lycée d’Enseignement Professionnel Agricole (L.E.P.A) l’année suivante.

En 1988, naîtra au L.E.P.A l’association d’amitié franco chinoise lors de la venue de 32 étudiants chinois de la province de An Hui, qui sera suivie 8 ans plus tard de la visite d’une délégation officielle de ladite province

Sur le plan sportif, les " Rollers " se mettent en vedette en 1993 avec Médéric Dodard, champion de France puis champion d’Europe en 1997 et la même année Eloïse Prével également championne de France.

En tennis de table, Éliane Charbonneau (de la R.S.H devient championne de France vétéran.

En 1994 à l’occasion du 50ème anniversaire du débarquement, le ciné vidéo photo club réalise un film "  Été 44 Mortain " avec le concours de la troupe de l’Élan Artistique.

Et au presbytère on érigera en présence de l’abbé Bochef une stèle en souvenir des 16 victimes tuées au cours des bombardements.

Au centre de secours Pierre Chrétien inauguré le 22 septembre 84, Marcel Juhé qui succéda à André Garnier en 1985, eût à gérer :

La piscine dont on parlait déjà avant guerre, sortit des cartons en 1992, pour vraiment être prise en compte par la Communauté de Communes en même temps que la création de l’Office Culturel Social et Sportif (O.C.S.S) en mars 1997. La première pierre fut posée le 15 mars 2003, et l’inauguration le 6 mai 2004.

Dans cette période le marché couvert, décidé en octobre 1983 fut inauguré le 20 septembre 1986. Après un an de fonctionnement il avait commercialisé 51 522 animaux mais sans atteindre, du fait des quotas laitiers, l’objectif des 50 000 veaux par an.

Début 1990 les Clarisses étaient parties et en mai 1992 l’ancien couvent accueillait déjà le Conservatoire de musique et de danse qui fusionnait deux ans plus tard avec la Jeanne d’Arc. En juin 96, c’était au tour des trois dernières sœurs du Sacré Cœur (après 70 ans de présence à Saint Hilaire !) de quitter la ville. Mais l’esprit de spiritualité de toutes ces religieuses restait bien inscrit dans la ville avec le Musée d’Art Sacré inauguré le 26 mai 2000. La paroisse elle-même s’étant modernisée depuis février 96 sous la forme de " Saint-Hilaire 2000 " regroupant l’ancien doyenné.

Ce qui a fait causer ? Outre les faits divers développés par ailleurs à remarquer le 1/10/84 la fermeture de la décharge du Cerisier qui fumait sans cesse, et pendant ce même été, le scandale Levionnois (abus de confiance et détournement de fonds).

La fermeture de la gare fut controversée : le dernier train de marchandises y fut signalé le 24 septembre 1989, mais la fermeture définitive et officielle n’eut lieu que le 5 février 1993, et on attendit quelque temps un maintien au moins " touristique " de l’activité qui sombra en 1990 avec l’échec du train vapeur. La démolition finale du bâtiment voyageurs (17 juin 1996) termina l’activité ferroviaire (après 107 ans d’exploitation) de ces voies qui devinrent désormais " pédestres ".

Dans le même quartier, l’avenir de l’abattoir fut longtemps incertain : mi 86 la ville y investit 926 MF alors qu’il y avait encore 17 salariés et 15 à la boyauderie, mais fin 89 l’établissement était en redressement judiciaire, puis en avril 1994 en dépôt de bilan. Depuis la reprise par MM. Béchet et Poulain en janvier 1995 et un transfert le 30 janvier de l’année suivante à la Communauté de Communes, celle-ci y a consenti d’importants investissements en 1998 (chaîne moutons) qui, en l’ adaptant aux normes européennes ont garanti sa pérennité.

La disparition de quelques figures de la vie locale dont on trouvera plus loin la biographie : en 1983, Fernand Lehec et Daniel Cuche, en 1986 Charles Jaunet, en 1987 Marin Marie, peintre de la Marine (qui avait achevé le 31 juillet 1985 sa fameuse fresque du salon d’honneur de l’Hôtel de Ville), en 1995 Maurice Boulay grand sportif et un temps président de

l’USH et en fin d’année le chanoine de Brix premier curé de Saint -Hilaire sous les ruines. Ils avaient respectivement 92 et 94 ans. En 2003, Claude Cheval, ancien maire et en 2004 Jean Lamy, enseignant, inlassable animateur de l’école laïque et de la scène sportive, notamment en cyclisme et tennis de table depuis le début des années cinquante.

Au cours de ces trente dernières années, la municipalité continuera d’apporter beaucoup d’attention à l'entretien de l’église et à son embellissement :

De son côté, le baptistère subissait, lui aussi, quelques travaux avec son illumination en 1970, la restauration en 1985 de la couverture en aissentes de châtaignier (plaques de bois taillées à la main), la pose d’une croix en granit sur son faîte, la restauration en 1994 des fresques de Marthe Flandrin par Jean-Paul Froidevaux, neveu de Madeleine Froidevaux qui avait réalisé la cuve baptismale lors de l’aménagement de la tour en baptistère en 1947

De tous les monuments de Saint-Hilaire, l’église est sans contredit celui qui attire d’abord les regards, plus encore depuis sa mise en lumière en 2003. Que l’on descende des coteaux de Virey, de Parigny ou des Loges Marchis, on l’aperçoit, dominant la cité, sa silhouette évoque une petite cathédrale. La population en est fière, n’est-ce pas l’évêque de Valence qui, un jour, la voyant, plein d’admiration dit " que ne puis-je l’emporter avec moi pour en faire ma cathédrale "

 Dans la relative continuité des maires sociaux ou disons " progressistes ", Lelièvre et Cuche, plutôt que de celles des élus " de rupture ", Cheval et Guinebault, Michel Ganné occupe une place importante, sur un long laps de temps (4 mandats) et surtout dans une époque d’évolutions démographiques et sociales considérables dans le Sud-Manche. ● l’ouragan du 15 octobre 1987 .tempête en janvier 1990 moins forte toutefois que celle du tournant du siècle le 26 décembre 1999.les incendies en 1989 de la Setadec et des Ets Edipfar .mais aussi les inondations de mars 1990, janvier 1995 et novembre 2000.enlèvement de la table de communion en 1979.restauration du petit orgue en 1980 et de la rosace en 1989.installation des deux horloges et d’un chauffage au gaz en 1994.

 

 

Par Georges DODEMAN
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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 09:20

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GROUPE SCOLAIRE MIXTE " JULES VERNE "

C.E.G – C.E.S

 

La scolarisation obligatoire en collège pour tous les enfants de 11 ans oblige à la mise en place en 1964 de 14 classes démontables dites " provisoires " et la transformation du (C.E.G) Collège Enseignement Général en (C.E.S) Collège Enseignement Secondaire. La direction de l’établissement restera assurée par Monsieur Jules Baron, ainsi que par Madame Yvonne Foys respectivement Directeur et Directeur-Adjoint du C.E.S.

En 1972, Monsieur Jules Baron partira en retraite, il sera remplacé par Monsieur Jean-Pierre Billante et en 1973, l’internat du collège sera supprimé par manque d’effectif (en 1972-1973 il n’accueillait que 43 élèves).

La loi de décentralisation de 1982 donnera à partir de 1985 la charge des collèges au département et quelques années plus tard, en 1989, commencera d’importants travaux  : rénovation du bâtiment principal, construction d’un nouveau bâtiment, suppression des 16 classes en préfabriqué, déménagement de la maternelle pour y installer cuisine et restaurant. C’est ainsi que la rentrée 1991 du collège " Jules Verne " place Delaporte, se fera dans de nouveaux locaux neufs et rénovés.

L’inauguration officielle aura lieu le 30 mai 1992 sous la présidence de Pierre Aguiton, Président du Conseil Général de la Manche, Michel Ganné, Conseiller Général, maire de Saint-Hilaire et Emile Boisivon, Principal du collège depuis 1991. Ce fut aussi l’occasion de se souvenir des anciens directeurs de l’établissement : Jules Baron qui fut le premier directeur en 1959, Jean-Pierre Billante (1972), Dru (1979) et Albert Noury, l’un des artisans de la rénovation du collège (1981).

Par la suite le collège Jules Verne sera dirigé par MM. Fortin en 1998 et Bernard Liot en 2001.

GROUPE SCOLAIRE PRIMAIRE LECROISEY

En 1972, les écoles primaires (12 classes et 1 cantine) seront transférées dans le nouveau groupe scolaire primaire Lecroisey, inauguré le 18 juin, par Monsieur Terrazzoni, sous-préfet, Maitre Paul Guinebault, Conseiller Général maire, Monsieur Lunel, inspecteur d’académie. Monsieur Gourdel et Mademoiselle Boudou en seront les premiers directeurs.

En 1976, plus de 400 élèves fréquentaient l’école primaire, ils seront répartis dans 16 classes dont 12 installées dans des constructions en dur et 4 dans des baraquements.

GROUPE SCOLAIRE PRIMAIRE BEAUSEJOUR

Devant l’accroissement de la population scolaire et en raison de la création de la Résidence Beauséjour, le conseil municipal dirigé par Paul Guinebault décide de construire le groupe scolaire Beauséjour avec deux classes maternelles et cinq classes élémentaires. La première rentrée a eu lieu en septembre 1976.

LYCEE CLAUDE LEHEC

" Un lycée pas comme les autres "

(et qui le demeure…)

Après la libération, la France est exsangue et la Manche ainsi que le Calvados sont des départements sinistrés en raison des combats de 1944. Un formidable désir de se relever s’instaure. Des gens dynamiques vont se dépenser sans compter pour mener une reconstruction non seulement matérielle, mais morale. Les moyens d’y parvenir sont modestes, mais l’absence de normes, de limites, de contraintes à respecter dans le travail et dans l’emploi de main d’œuvre, l’extraordinaire volonté de chacun de relever la tête, vont conduire à des réalisations inconcevables dans les conditions actuelles.

Du fait de son classement dans une région sinistrée, le Rectorat d’Académie cherche à y implanter des établissements d’enseignement technique pour former les jeunes dont l’industrie renaissante a besoin. Monsieur Castrec, Inspecteur de l’Enseignement Technique, émet en 1945 l’idée de la création d’un Centre d’Apprentissage à Saint-Hilaire. L’idée est bien accueillie par le Docteur Daniel Cuche, alors maire de la ville et Conseiller Général, mais quelle formation peut-on y dispenser ? Le nécessaire est néanmoins engagé pour sa réalisation. Des travaux de construction en matériaux " légers " sont entamés le 18 août 1947 sur un vaste terrain situé rue Dauphine, en bordure de l’Airon.

Le type de formation à dispenser ne prend corps que lorsqu’on y intéresse Monsieur Fernand Lehec, fils d’un modeste maréchal-ferrant, établi dès 1919 comme mécanicien agricole, et ayant fait prendre à son entreprise au cours des ans une extension spectaculaire. Fernand Lehec était un homme d’avenir, qui perçut très tôt la révolution qui allait s’opérer dans l’agriculture et dans sa mécanisation. Dès lors, avec l’aide de son fils Claude, agrégé de philosophie et professeur à la Sorbonne, il opère un véritable siège du Secrétariat à l’Enseignement Technique, témoignant ainsi de la pugnacité de son auteur, caractéristique jamais démentie 

Il faut, pour concrétiser et mettre sur les rails un tel projet, un homme d’expérience, énergique, autoritaire et motivé, un " laborieux " (dixit le Docteur Cuche). Il est trouvé en la personne de Monsieur Émile Amchin, (photo ci-contre) alors directeur du Cours Complémentaire de Saint-Hilaire.

C’est incontestablement grâce à la persévérance et l’opiniâtreté de ces trois personnes, aussi courageuses, entreprenantes et acharnées chacune dans son domaine, que le Centre Public d’Apprentissage (il changera maintes fois d’appellation au cours de son existence) est enfanté dans la douleur…

Lorsque Monsieur André Morice, Secrétaire d’État à l’Enseignement Technique, vient sur place le 8 juillet 1948 pour encourager à l’ouverture du Centre d’Apprentissage en Mécanique Agricole prévue pour le 8 octobre suivant, il ne peut constater que l’unique présence de soubassements destinés à recevoir des baraques en bois. Il est alors promptement décidé, bien que tous les marchés soient passés, de procéder à une construction en aggloméré. C’est l’entreprise Yver et Vercelli qui, à partir du 18 août seulement, intervient pour permettre l’ouverture à la date prévue.

En ces années, on constate une désaffection pour la vie rurale. Le moyen d’enrayer la désertion des campagnes, c’est de former les artisans qui leur sont indispensables : menuisiers, charrons, forgerons, maçons, etc… L’enseignement de ces différentes branches doit s’effectuer sans cloison, afin d’éviter les risques de chômage. Tous doivent être initiés à la mécanique. L’élaboration d’une législation concernant un Certificat d’Aptitude Professionnel du domaine de la Machine Agricole couronnant la scolarité de 3 ans est mise en chantier (octobre 1948).

Premier en France, le CPA de Mécanique Agricole ouvre le 8 octobre 1948. Il accueille 82 apprentis. A partir de ce jour, le premier directeur Monsieur E. Amchin, le chef des ateliers Monsieur Parmentier, et les moniteurs, rejoints en décembre par un économe de talent, Monsieur M. Chavanel, œuvrent avec leurs élèves pour résoudre les nombreux problèmes matériels et administratifs qui se posent. L’auto équipement est largement exploité. Maintes imperfections, voire des non-sens commis dans la précipitation, sont à corriger. Les démarches pour l’obtention d’un fonctionnement raisonnable  sont engagées et font l’objet d’une lutte permanente de la part de tous les intervenants. Commence alors pour les années qui suivent une invraisemblable succession de constructions, aménagements, destructions, modifications, adaptations, extensions, au gré des crédits débloqués, des nécessités dégagées par un effectif sans cesse croissant, des évolutions ou des exigences. Malgré des périodes difficiles et de nombreux découragements, tout le monde tient bon ! .

Si les élèves pratiquent la menuiserie, la serrurerie, le forgeage, la tonnellerie en concrétisant leur apprentissage par des réalisations certes intéressantes, il est nécessaire de leur donner l’enseignement de mécanique agricole tel qu’il est en train d’évoluer : la traction animale fait place à la force motrice ; il faut aborder le tracteur et les outils qu’il anime au détriment des véhicules hippomobiles, si perfectionnés soient-ils !… De même, un équipement en machines-outils devient indispensable. Les lieux (un ancien terrain marécageux), à force d’être foulés, imposent l’utilisation de bottes ou de sabots et nécessitent un assèchement. Les élèves doivent pouvoir disposer d’un terrain de sports, d’un foyer, d’une coopérative… Tout cela se met en place progressivement, et les efforts de persuasion déployés auprès des constructeurs et marchands-réparateurs de machines agricoles commencent peu à peu à donner leurs fruits : des machines typiquement agricoles sont entreposées dans le grand hangar prévu à cet effet.

Par souci d’économie mais aussi pour acquérir d’une certaine manière le sens des responsabilités, des apprentis élèvent des cochons avec les eaux grasses de la cuisine, et cultivent des pommes de terre et des légumes entre les bâtiments (peut-on dire " heureuse époque ? " …), toutes productions promises à l’économe.

C’est le 2 juillet 1952 qu’a lieu officiellement l’inauguration du " Centre Public d’Apprentissage de Mécanique Agricole de Saint-Hilaire-du-Harcouët " qualifié de pilote, par Monsieur Jean Masson, Secrétaire d’État à l’Enseignement Technique. C’est l’occasion de faire connaître mieux encore les caractéristiques et le dynamisme de ce Centre qualifié de " pas comme les autres  ".

En octobre 1952, Monsieur Beuter remplace Monsieur Amchin. Lui succède Monsieur André Manin à partir de janvier 1955, jusqu’en 1985 ; il frôle ainsi le record de longévité des Chefs d’établissement en poste, et participe donc activement durant trois décennies à l’évolution et au développement du " Centre ", comme il fut longtemps appelé par les Saint-Hilairiens. A Monsieur Chavanel succède en 1957 Monsieur Porte ; Monsieur Parmentier est remplacé la même année par Monsieur R. Piochon.

L’ascension du " Centre " se poursuit et les effectifs ainsi que la demande d’admission augmentent constamment, nécessitant de multiples extensions de locaux. 221 apprentis sont inscrits à la rentrée 1957. Le degré de technicité de l’enseignement progresse en permanence afin de s’aligner sur les nécessités de la profession qui prend une part de plus en plus active à la formation. Les qualifications délivrées suivent cette évolution (C.A.P. de mécanicien en machines agricoles, C.A.P. de motoriste-dieseliste, Mention Complémentaire motoculture et équipement rural).

Pour son dixième anniversaire, le " Centre " reçoit Monsieur Buisson, Directeur Général de l’Enseignement Technique. Monsieur Buisson déclare : " Le Centre de Saint-Hilaire est déjà dépassé, et, du niveau Collège, il doit passer à celui d’Ecole Nationale Professionnelle… "

Le 15 septembre 1960, le " Centre " devient " Collège d’Enseignement Technique ". A la rentrée suivante, une section de 2de de lycée technique (rattachée pour raison administrative au lycée technique du Mans) s’ouvre dans les locaux.

Événement à portée nationale le 24 octobre 1961 : un reportage portant sur le " lycée pas comme les autres " est diffusé sur l’unique chaîne télévisée du moment (8 millions de téléspectateurs estimés) à 19h10. Trente minutes sont consacrées au tout nouveau " Lycée Technique d’État du Machinisme Agricole " de Saint-Hilaire qui acquiert à partir de ce jour une renommée nationale.

Courant novembre 1961, devant 240 apprentis venus de 28 départements et, à nouveau de nombreuses personnalités, l’ouverture officielle du lycée auquel restent associées les sections existantes de C.E.T. est présidée par Monsieur Oeuvrard, sous-préfet. Au cours de son allocution, Monsieur Castrec, Inspecteur de l’Enseignement Technique qui suggéra le premier en 1945 l’ouverture du " centre " et qui en suivit de bout en bout l’évolution, déclare la prochaine implantation des bâtiments destinés à abriter 700 élèves du L.T.E. dont les ateliers doivent couvrir 6.000 m² (jusqu’alors 1200 m² ! ).

Former, en plus de la main-d'œuvre qualifiée à destination des entreprises de marchands-réparateurs de machines agricoles, les cadres techniques et technico-commerciaux (chefs d’atelier, contremaîtres, vendeurs, chefs de service après-vente et magasiniers-chefs). Les études sont sanctionnées par un Brevet de Technicien.

Un important projet de 5.900.000 NF doit être mis en application. Les nouvelles installations (reconstruction totale) seront implantées de part et d’autre de l’existant, afin de s’y substituer progressivement. L’effectif professoral est augmenté et des postes de spécialité créés (machines agricoles, motorisation, lettres, langues, etc …)

Le 7 décembre 1963, en présence des élèves, des personnels et de nombreuses personnalités, la première pierre de l’internat est posée par Monsieur Capelle, Directeur Général de l’Organisation Scolaire des Programmes au Ministère de l’E.N. Les travaux se poursuivent jusqu’en 1967, comme ceux qui établissent les programmes et le règlement du Brevet de Technicien " Négoce et Réparation de Matériels " qui ne disparaît qu’après la session 1994. En 1967, l’établissement compte 400 élèves et emploie environ 100 personnes. Le maximum est atteint dans le courant des années 70 avec 680 élèves et 170 personnes.

Une cohésion exceptionnelle s’instaure tant au niveau des enseignants que des élèves. Bon nombre de ces derniers, presque tous internes, ne rentrent chez eux qu’une fois par trimestre !… Cela crée une atmosphère de camaraderie et d’entraide mutuelle à laquelle participent beaucoup de professeurs.

Une remarquable stabilité de la plus grande partie du corps professoral et d’encadrement peut s’observer, et nombreux sont les personnels se croyant " de passage " à Saint-Hilaire, que l’on retrouve trente ans après au même poste ou à un degré supérieur.

Il est légitime que soit attribué au lycée " pas comme les autres " le nom d’un de ses créateurs. Celui de Fernand Lehec, considéré comme le " père " de l’établissement, lui est proposé ; Monsieur Lehec suggère plutôt celui de son fils Claude, décédé le 5 décembre 1968, qui a tant œuvré à ses côtés pour en faire ce qu’il est devenu. " C’est le privilège des morts que de prêter leur patronyme à une quelconque fondation " déclare-t-il. Le lycée porte le nom de Claude Lehec depuis le 7 avril 1973.

Au cours des trente cinq ans qui suivent, de nombreuses modifications interviennent :

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appellations des établissements : LTE + CET, puis LTE + LEP, puis LET + LP, puis LT+ LP (Lycées Technologique et Professionnel qu’ils sont encore en 2003).

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Qualifications préparées : Bien que diversifiées au cours des années, toutes les activités gravitent autour de la maintenance, appliquée à cinq types de support (Machines agricoles, Engins de travaux publics, Matériels de parcs et jardins, Véhicules industriels, Systèmes automatisés). Les formations couvrent aujourd’hui les niveaux V (CAP et BEP), IV (Bac Professionnel et Bac Technologique) et III (Brevet de Technicien Supérieur).

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personnels de direction : en regard de la belle stabilité de MM. Manin (proviseur 30 ans), Piochon (chef de travaux 25 ans), Lepleux (Conseiller Principal d’Education 31 ans) et Mondolfo (professeur 10 ans, puis chef de travaux 20ans), les proviseurs n’effectueront qu’un séjour limité… Au CET / LEP / LP se sont succédés R. Lacheze (2 ans), R. Canton (2 ans), G. Dauget (5 ans), L. Drouet (2 ans), P. Plantey (1 an), G. Jean (6 ans). Au LTE / LET / LT ont officié J. Rakowitz (3 ans), C. Clément (5 ans), Ch. Togna (4 ans), B. Perrier (2 ans), A. Rose (3 ans), D. Torq (3ans) et Jacky Chevrel…

Évolution des mentalités, sophistication considérable et brutale de la technicité à mettre en œuvre, dure crise dans le milieu agricole, démographie, concurrence, rien n’a pu altérer vraiment les deux lycées, en dépit de cette succession de chefs d’établissement. C’est là sans doute la meilleure preuve de la superbe cohésion, citée plus haut, de l’ensemble du personnel enseignant, et du dynamisme qu’il sait déployer. C’est ce qu’il appelle aujourd’hui " l’esprit Lehec ", qui, assez curieusement, se transmet de génération en génération !

Une volonté de toujours " coller au plus près des réalités professionnelles " caractérise cet établissement de formation. Ainsi, dans les années 80, pour faire travailler les élèves sur des matériels récents et coûteux, l’essentiel de l’enseignement repose-t-il sur la réparation réelle de machines confiées par les marchands-réparateurs.

Les années 90 voient s’amorcer une longue restructuration et modernisation des bâtiments : le service de restauration, l’internat (transformation des dortoirs en chambres de 6), les ateliers (construction d’un bâtiment de stockage de 1.000 m² permettant un remaniement complet pour une meilleure réadaptation), le gymnase, l’externat, et, à venir encore, les services administratifs. Tout cela s’accompagne de l’installation des moyens modernes de communication (réseau informatique).

En 1988, le lycée Claude Lehec a mis au point et en service une consultation d’offres d’emploi par Minitel qui fonctionne toujours aujourd’hui (2003). Le nombre d’offres consultables passe rarement au-dessous de 50 annonces, et atteint parfois 150, preuve que l’établissement a encore de beaux jours devant lui, pour peu qu’il continue à faire preuve du dynamisme hors du commun qui l’a jusqu’ici caractérisé. Le passé a démontré qu’il n’est jamais meilleur que dans les passes difficiles… (texte G. Mondolfo)

Écoles Privées

Pendant presque trente ans, sœur Marie Odile, va se consacrer au développement de l’Immaculée Conception : augmentation du nombre des élèves, ouverture en 1961 du cours complémentaire, construction du nouveau Collège d’Enseignement Général C.E.G, inauguré en 1967, réunion des deux écoles privées : Saint-Joseph et l’Immaculée afin de réaliser un seul établissement mixte d’enseignement privé lié à l’État par un contrat d’association signé en 1983. Bien que contesté par certains, cet accord favorise la gestion des écoles privées puisqu’il permet aux enseignants d’être reconnus et rétribués par l’Etat en contrepartie d’un engagement à respecter les textes en vigueur dans l’Éducation Nationale.

En 1985, à la veille de son départ en retraite, sœur Marie Odile va rassembler les fonds nécessaires au financement du complexe sportif devenu indispensable au groupe scolaire en pleine expansion qu’elle va transmettre à son successeur. Le 29 novembre 1986, l’inauguration de la salle de sports bâtie sur le terrain du Cercle Catholique marquera un nouveau tournant dans le paysage du Boulevard Gambetta.

C’est en 1985 que les religieuses quittent la direction pour laisser la place à des laïcs : Messieurs Sepieter, Renoir, Bonzom, respectivement arrivés en 1985, 1994, 2001.

Par Georges DODEMAN
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Samedi 4 février 2012 6 04 /02 /Fév /2012 18:52

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Quand, le 25 juin 1962, Claude Cheval démissionne de son poste de maire après à peine deux ans et demi de mandat suite à son incroyable victoire sur le Dr Cuche, héros de la reconstruction de la ville, on peine à prédire qui pourrait lui succéder. La presse qui, dans son ensemble n’avait jamais pu faire le deuil de l’époque Cuche en vint même à immédiatement demander la démission collective de l’équipe sortante appuyée, bien sûr, par une opposition qui, déjà, affûtait ses couteaux, sentant proche l’heure de la revanche. Évidemment ça ne se passera pas comme ça… et il faudra même attendre 20 ans l’alternance… toujours d’ailleurs en traînant la casserole du marché couvert. Mais nous n’en sommes pas encore là. Le camp Cheval, sans son chef de file, serre néanmoins les rangs. Solidarité électorale aidant, et Georges Coeuret déjà âgé ne briguant pas la place, il fait corps autour de Paul Guinebault, le jeune notaire (que nous avons vu arriver à Saint-Hilaire au chapitre précédent en 1956) et qui a déjà une grosse clientèle rurale. Il est jeune (né en 1925), dynamique, disponible et tout frais élu, sait présider avec aisance les championnats de France cyclistes le 22 juillet 1962, remportés cette année-là par Baldassaroni. Il sait se montrer habile, rallie aux postes d’adjoints quelques vieilles figures (dans l’ordre : Georges Coeuret, Victor Roussel, Jean Bourgeois) grands artisans de la reconstruction et qui connaissent toutes les " ficelles " de la vie locale..

L’opposition piétine. En l’absence du Dr Cuche désormais retiré sur l’Aventin, son chef de file naturel est Claude Lehec brillant agrégé, philosophe, un brin " horsain " au départ, mais que sa rapide et intelligente adaptation à la vie locale désigne clairement.

Malgré tout, Paul Guinebault, maintenant solidement installé ne part pas de rien. Les courtes années du mandat Cheval avaient amené " des usines ", et son successeur s’attaque dans la foulée au corollaire obligé de l’emploi, le logement.

 

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En 7 ans, de 1962 à 1969, 232 logements HLM sont construits, à mettre en parallèle avec la situation de l’emploi juste après les événements de mai 1968 : 205 chez Allardi, 220 à la Sapiem, 35 chez Ecolivet, 41 chez Lechapelais, 24 chez Junca, 27 chez Ceyde, 39 chez Martinaud et 48 chez Marquer.

 

Élu Conseiller général en 1964, contre Claude Lehec, Paul Guinebault a alors les coudées franches pour lancer plusieurs projets " structurants " comme on dirait aujourd’hui : salle omnisports, transformation du C.E.G (Collège d’Enseignement Général) en C.E.S (Collège d’Enseignement Secondaire), mais aussi quelques nouveautés, comme en ville les premières illuminations de fin d’année.

Malgré tout, le dossier épineux du marché couvert reste latent, mais il affiche nettement le dilemme : " choisir le marché couvert, ou sacrifier l’expansion de la ville ". Les élections de mars 1965 le confirment comme maire et montrent bien aussi que la population balance encore sur ces choix décisifs qu’il explique bien avec le recul : " Saint-Hilaire avait changé. On croyait dur comme fer que c’était le marché seul qui faisait la force de la ville, mais sans trop voir les importantes mutations de l’agriculture qui se faisaient jour peu à peu. La petite ferme de 8-10 hectares, forte apporteuse du marché aux veaux s’estompait, de même que s’accentuait la différence avec Fougères, clairement marché de marchands ".

La route bien dégagée, maintenant qu’il cumule les charges de maire et de Conseiller Général, il peut donc inaugurer le nouvel Hôtel de Ville (17 octobre 1965) qui avait tant fait couler d’encre, et la salle des fêtes (16 mars 1966). Le logement reste nettement la priorité : il y a 920 élèves au groupe scolaire (dont 370 au CES, 350 en primaire et 200 en maternelle). 620.jpg

 

Au conseil général, Paul Guinebault que ses plus proches collaborateurs décrivent comme " un homme faisant preuve de dynamisme, d’esprit d’initiative, de clairvoyance et de souriante autorité " se coule aussi aisément dans la peau du " notable de province ", l’exemple il est vrai, avec Léon Jozeau-Marigné, venant d’en haut. Il est ainsi durant 9 ans, animateur de la commission des affaires économiques, section tourisme et rapporteur de la commission habitat et construction. On le retrouve aussi président du Syndicat mixte pour l’aménagement du lac de Vezins, à l’origine du Syndicat de transport scolaire et de l’Office Municipal Culturel et Sportif.

Son bilan est néanmoins contesté aux élections de mars 1971 par l’industriel Maurice Cauny et il doit affronter une liste menée par René Billaud. Il est cependant bien réélu le 28 mars avec comme adjoints : MM. Georges Coeuret, Victor Roussel, Louis Dudognon, William Saint-Raymond, mais le malaise des mutations agricoles (il y avait eu des manifestations déjà en janvier 1969) auquel s’ajoute celui du commerce face à la montée en puissance de ce qu’on n’appelle pas encore " les grandes surfaces " fait revenir au premier plan… le marché couvert ! Dès mars 1974, c’est un signe qui ne trompe pas, les maires du canton, à dominante rurale, refusent la constitution d’un Syndicat à vocation multiple. Cette période (1972-1981) est aussi celle où le marché, dans sa formule actuelle, en centre-ville décline inexorablement : dans ce laps de temps, les veaux se maintiennent encore (de 39.600 à 36.800), mais porcelets (37.800 à 7.750) et moutons (15.200 à 7.900) s’effondrent.

Paul Guinebault le reconnaît : "  un nouveau marché couvert aurait coûté des sous, et gêné le commerce local. A l’extérieur on avait aussi l’impression que ce n’était plus le boulot de la ville. L’arrivée des grandes surfaces a aussi bouleversé les données  ".

De fait, dans ces années-là, les commerçants trouvent en Gilbert Macé, un héraut pour analyser et stigmatiser, longtemps avant tout le monde les dangers d’un commerce qui évolue vitesse grand V vers les " hypers " et autres " mammouths "...

Aux élections de mars 1977, Paul Guinebault doit cette fois affronter trois listes, une emmenée par Me François Lefort, mais aussi et surtout c’est le grand retour de Daniel Cuche ! la campagne est dure et retrouve le ton de celles d’après-guerre. Il y a des tracasseries au tribunal administratif, mais Paul Guinebault est néanmoins réélu le 28 mars. Sur la liste Cuche, un jeune inséminateur Michel Ganné arrive à la commission foires et marchés. C’est alors évident, la municipalité en place est sur la défensive : le Dr Cuche toute l’année 78 anime des réunions de quartier où on reparle bien sûr de l’arlésienne du marché couvert, tandis que Michel Ganné, profession aidant, " bat la campagne ". En 1979, porte-parole du groupe, il propose même un référendum local sur la question. En fin d’année, la municipalité en place à son tour s’interroge, tandis que toujours dans la même mouvance rurale, le problème des abattoirs se fait jour.

612.jpgFin janvier 82 se crée même une commission " pour un marché couvert à Marly " dont fait partie Michel Ganné… juste avant les élections au Conseil Général. Le sortant affronte Michel Ganné, un candidat qui en 5 ans a su bâtir un projet cohérent, mais il s‘est surtout aliéné la sympathie des maires du canton qui lui envoient dans les pattes un 3ème candidat, Jean Guinguain, maire de Saint-Martin de Landelles pour partager encore plus les petits pains. Michel Ganné l’emporte de peu peaufinant son personnage " d’anti-notable " qui réunit aussitôt dans la foulée à Virey les maires du canton, et met en route dès septembre une étude sur un projet de marché couvert.

 

En face, on sent bien que la prochaine étape sera la mairie de Saint-Hilaire, échéance toute proche, trois mois plus tard les 6 et 13 mars 1983. Cette fois encore c’est un troisième larron (une liste d’Union de la Gauche)… eh oui !, nous sommes en pleine " vague rose " emmenée par M. Coupé qui bouscule la donne. Au 1er tour Paul Guinebault n’a que 68 voix d’avance et la Gauche avec 357 peut se maintenir. Au second tour, c’est encore plus serré, Michel Ganné n’a que 8 voix d’avance, mais nouvelle loi électorale aidant, cela donne 14 sièges de différence ! Paul Guinebault beau joueur dira " nous nous inclinons devant la nouvelle loi électorale ". Michel Ganné passe 20 élus, Paul Guinebault 6 élus (dont lui-même), mais démissionne aussitôt, la Gauche 1 élu (M. Coupé).

Le 18 mars 1983 bascule dans une nouvelle ère de 20 ans, celle qui verra le tournant du siècle.

Les dernières pages de cette chronique ont montré combien Saint-Hilaire s’est transformé, du fait des destructions de la Libération, mais aussi de par la volonté de ses habitants. La période " reconstruction " fut marquée par la personnalité emblématique du Dr Daniel Cuche, sans que ses successeurs aient fait dévier la dynamique, sauf dans le cas du marché couvert. Le court intermède Claude Cheval favorisa l’arrivée des " usines ", puis les trois mandats Guinebault bétonnèrent l’aspect " social " : logement, infrastructures communales, collectivités, etc…

Ayant privilégié l’aspect " politique " de ces municipalités de l’après-guerre, nous allons tenter d’en résumer brièvement le fil des événements, " l’écume des jours " en quelque sorte.

En 1960, on pouvait considérer que les travaux de réparations des dommages subis par notre église au cours des bombardements de 44 étaient achevés ; après le gros œuvre, les cloches, les autels, le grand orgue et le parvis (en 1957).

Le grand événement de l’année 1964, c’est la mise en service en avril du " nouveau marché " entre l’église et la future mairie.

Dans le même esprit, le 17 mai, le Préfet Dubois-Chabert pose la première pierre du nouvel Hôtel de Ville. La mairie jusqu’ici dans l’ancienne école des filles est transférée dans les nouveaux locaux (10 janvier 65) qui sont inaugurés quelques mois plus tard (17 octobre) en présence du bourgmestre de Zierickzee.

Mais la grande affaire de l’époque, c’est le scandale financier qui secoue l’office d’un ancien greffier de Justice écroué pour abus de confiance et détournement de fonds.

Fin 1964 aussi on voit loin, à l’horizon 1970 pour la création d’un projet de piscine (olympique, s’il vous plaît) sur le terrain du château d’eau près du stade. Mais Avranches, bien appuyé par son sénateur maire, tout puissant, dégainera plus vite.

624.jpgLe 16 mars 1966 est inauguré le Rex, et le 15 septembre mis en service l’Institut Médico Pédagogique (I.M.P) qui ne tiendra pas tout à fait 20 ans (fermeture le 30 juin 1985). La jeunesse, celle du baby-boom de l’après-guerre préoccupe tout le monde, et en février 1967 c’est la naissance de la Maison des Jeunes (président Raymond Maulavé) à la Pêcherie, complétée par un " mille clubs " en avril 1969. Cette maison fermera en juin 1975.

 

La période est néanmoins marquée par l’effervescence de l’époque : inauguration du collège Immaculée en avril 1967, à laquelle réplique quelques semaines plus tard le 4 juin la fête de la Fédération Départementale des écoles laïques. La salle omnisports Lecroisey étant inaugurée avant la fin de l’année, en septembre.

En janvier 1968 (5.302 habitants au recensement, y compris scolaires), les premières inondations frappent le quartier de la Richardière et envahissent l’usine Allardi. En février, l’hôpital inaugure un nouveau service médecine (Directeur M. Petitjean).

Le 30 Juin, à l’église, a lieu le baptême du bourdon " Hilaire " qui bien qu’ayant pourtant été remis en état en 1952 s’était éteint. La cérémonie a eu lieu en présence des parrains et marraines : MM Lechaplais, Couteller, Mmes Brodin et Cauny, (qui l’étaient déjà en 1952) et le docteur Jean Gautier remplaçant M. Lerebourgs-Pigeonniere, décédé, Mme Guinebault, remplaçant Mme Motte, également décédée.

En novembre de cette même année, le projet de piscine est toujours d’actualité.

Les manifestations paysannes qui ont précédé (22 janvier 69) n’empêchent pas l’inauguration du boulevard des Vallons, tandis qu’avec la démission en mai 69 du chanoine de Brix, remplacé le 24 août par le doyen Pierre Viel, c’est une grande partie du souvenir de l’immédiat d’après-guerre qui s’estompe.

Les 14 et 15 septembre 1969, Saint-Hilaire et le V.C.H organisent l'arrivée et le départ d'une étape du Tour de l'Avenir.

En 1970, la ville continue sa restructuration, monte une station d’épuration aux Pare-balles, inaugure le nouveau groupe scolaire Lecroisey (18 juin 72) et la résidence des Hirondelles pour personnes âgées (29 juillet 72), mais, a fermé un an plus tôt le trafic marchandises de la gare.

C’est l’époque de l’arrivée de nouvelles figures dans la vie locale : Charles Vivien (13 septembre 71) succède à M. Merlet au secrétariat de mairie, et Albert Lemaréchal à M. Lamotte démissionnaire, à l’Office de Tourisme.

Le 7 avril 1973 le Lycée Technique d’État du machinisme agricole prend le nom de " Lycée d’État Claude Lehec ".

Le 16 décembre 1973, la fête du centenaire de la consécration de l’église donne lieu à de nombreuses manifestations avec les amis de Zierickzee.

En 1975 la société des courses de chevaux est dissoute et fusionne avec celle de Vire au moment où on inaugure les locaux de la nouvelle Gendarmerie, et aussi (le 11 mars) un nouveau service de maternité à l’hôpital.

En mars, le décès de Georges Gavard, vice-président du V.C.H et en avril celui de Michel Pelchat champion du monde de cyclo-cross en 1967 à Zurich frappe de stupeur tout le milieu sportif.

C’est une année fertile en faits divers car le 6 août c’est l’incendie spectaculaire de la Verte Campagne, restaurant tenu par M. et Mme Poisson, suivant de peu (29 août) l’agression de deux jeunes auto-stoppeurs étrangers dont le viol d’une jeune fille par trois individus de la région.

En 1977 la Maison des Jeunes fermée depuis 1975, reprend vie sous l’impulsion de Patrice Garnier et Patrick Lecoq.

Le commerce Saint-Hilairien n’est encore que partiellement atteint par le syndrome " grandes surfaces " puisqu’il y a encore 34 débits de boissons, 15 garages cycles et autos, 42 commerces d’alimentation.

C’est aussi le plein boom pour le journal La Gazette quittant le centre-ville pour les terrains du Bas Cerisier, sur la route de St James (20 octobre 77), installation qui sera définitive l’année suivante (12 juin 78).

En fin d’année (28 novembre) c’est le mystère du double crime de la Caisse d’Epargne : hold up ayant échoué, effectué par un " local " qui aurait pu être reconnu ? L’affaire n’est toujours pas élucidée à ce jour.

En juillet 1979 le conseil municipal donne un avis défavorable à la construction d’une grande surface aux Isles. Qu’à cela ne tienne, en septembre un " Leclerc " (directeur M. Turpin) est inauguré à la sortie de la ville vers Domfront, à peu près dans le même temps où se crée la société des transports Jourdan qui connaît ensuite un fort développement.

Le 1er août 1980, Serge Potier est nommé secrétaire de mairie.

En octobre est installée la passerelle du Pont de Bretagne par les Ets James de Brécey : c’est un bel ensemble de 35 mètres et de 13 tonnes.

Le 12 juin 1981, le judo (125 licenciés) vole de ses propres ailes sous l’appellation nouvelle " Tatami Saint-Hilairien ", présidé par Jean-Claude Laffargue.

A la fin de l’année, retour du projet d’aménagement de marché couvert .

Michel Ganné, conseiller municipal et membre de la commission " foires et marchés " propose l'aménagement d'un marché couvert, toujours à installations mobiles, mais situé en " centre-ville " (sur la place derrière l'église à l'entrée du Bd Gambetta).

En 1978, il avait présenté en réunion de conseil un projet d'aménagement de marché couvert polyvalent qui aurait pu se situer à " Marly ".

Nous verrons par la suite que c'est cette solution qui sera finalement retenue lorsque Michel Ganné sera élu maire en mars 1983.

Par Georges DODEMAN
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Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /Jan /2010 10:05

Les marchés d’après guerre

 


   Saint-Hilaire sortait de la guerre, presque anéantie. La priorité pour le docteur Cuche fut de reloger les commerçants, de ce fait, le marché fut replacé comme on pouvait, émigrant d’une place à l’autre et dans des conditions qui ne lui ont permis que de survivre, mais non de se développer. Malgré cet inconvénient, le marché demeurera l’un des points forts de notre ville.

 

   En 1953, Saint-Hilaire, deviendra la capitale porcine " la Villette de l’Ouest " à l’occasion de la journée du porc Normand, une manifestation unique en France. Dans
la foulée, elle organisera son premier concours foire sur la toute nouvelle place Delaporte et il sera créé un comité des foires et marchés.

 

    C’est à cette époque que le conseil municipal, conscient des difficultés croissantes de la circulation et de la demande pressante des cultivateurs et marchands de bestiaux, décida de la réalisation d’un champ de foire, qui devait se situer dans la partie nord-ouest de la ville, à l’angle des rues d’Égypte et de la Pêcherie. L’aménagement de ce champ de foire devait permettre d’établir un équilibre entre les quatre pôles d’attraction axés autour du carrefour central, la place Delaporte, la place de l’église, et la gare routière qui était prévue rue Waldeck Rousseau.

 

    Néanmoins, le docteur Cuche était conscient que la création du champ de foire allait révolutionner les habitudes, mais pour lui, il était incontestable que notre ville qu’il avait baptisée " ville de la campagne " se devait de le réaliser, il ne se doutait pas encore que quelques années plus tard, en 1959, son projet ambitieux allait faire peur à certains commerçants du centre ville qui voyaient à travers ce changement une perte importante pour leur commerce. Il sera battu aux élections municipales par Claude Cheval, qui lui, voulait au contraire réaliser un marché couvert en centre ville pour le petit bétail, entre l’église et l’avenue du Maréchal leclerc.

 

   
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Depuis 1977 Michel Ganné comme élu de l’opposition avec le projet de marché couvert comme catalyseur d’une ambition qui va se construire peu à peu, s’est rendu compte que la " ville de la campagne ", essentiellement rurale et commerçante allait devoir évoluer et s’adapter. Il avait assurément une " vision " d’un avenir d’incertitudes, ou pour le moins que Saint-Hilaire ne pourrait jouer éternellement de la " rente " marché-Saint-Martin.

 

    Le marché couvert de Marly inauguré le 20 septembre 1986 eut pour mission d’améliorer la fréquentation du marché hebdomadaire qui montrait des signes de faiblesse. Avant sa construction, ce marché représentait pour une année 36.000 veaux, 8.000 bovins et 6.000 porcelets. En centre ville, il n’était plus adapté aux exigences du moment. Il lui fut affecté un bâtiment couvert de 3.465 m² sur un terrain de 2 hectares 80 en sortie immédiate vers l’Ouest de l’agglomération, doté des équipements le rendant très fonctionnel. (Ses installations démontables permettent de recevoir des évènements associatifs ou culturels et le rendent ainsi polyvalent). Il s’orienta vers la commercialisation des veaux de 8 jours, seul marché en progression constante. Le quartier de Marly fut desservi en 1989-1990 par un boulevard reliant la Route d’Avranches à la rue de Mortain. Avec le boulevard périphérique qu’elle prolongeait, la voie constituait la première ceinture de délestage réduisant le trafic en centre ville.

Par Georges DODEMAN
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